
Film documentaire sur le Ukulélé
Instrument emblématique à Hawaii comme à Tahiti, l’ukulélé a conquis le monde, d’un clin d’œil, d’un sourire, par sa manière de jouer toutes les musiques avec tant de bonheur, de simplicité, de vérité. L’esprit ukulélé, tel avant lui l’esprit surf, s’est répandu partout et montre combien les cultures du Pacifique ont gardé de leur vivacité, de leur richesse, de leur séduction.
Aujourd’hui aux États-Unis, en Europe, dans le monde entier …
Fini le temps où on le traitait de jouet, d’accessoire pour danseuse exotique, quand, banni par les syndicats de musiciens, l’ukulélé connut l’oubli sous la poussière des greniers d’Europe et d’Amérique parmi les autres fantômes des modes éphémères passées.
Après plusieurs décennies, le tirèrent de là quelques avant-gardistes et néo-punks en quête de sonorités nouvelles autant que d’une salutaire autodérision. Leur emboîtant le pas, certains chanteurs recommencèrent alors à s’accompagner sans honte du petit instrument, au même temps que des virtuoses se régalaient à en repousser ses apparentes limites musicales. On redécouvrit les formidables possibilités de l’ukulélé.
Amusant, sympathique, modeste de taille comme de prix, facile à jouer mais capable de prouesses, l’ukulélé séduit de nouveau un large public qui rêvait de découvrir le plaisir de pratiquer un instrument, de fabriquer de la musique soi-même, pour soi, entre soi, sans nécessité d’ennuyeux solfège ou fastidieuses études, sans crainte du ridicule, et surtout, loin du saturnisme musical ambiant et de l’implacable martèlement des machines qui prétendent tout faire à votre place.
Aujourd’hui, les nouveaux adeptes de l’ukulélé se multiplient. Ils se regroupent en clubs, organisent rencontres, scènes ouvertes, pique-niques, concerts, festivals. Ils répandent leur enthousiasme sur internet dans des blogs, forums et sites dédiés, collectionnent les rares exemplaires vintage cédés à prix d’or, s’arrachent les nouveaux modèles que met sur le marché une industrie en pleine expansion. Tous les âges sont touchés, et l’ukulélé, d’un apprentissage aisé, ludique, remplace peu à peu dans les écoles le pipeau de triste mémoire.
Retrouvant l’esprit du kanikapila, la jam-session informelle et décontractée des traditions polynésiennes, l’ukuléliste du XXIe siècle se rend au concert d’ukulélé avec son ukulélé. Il exauce ainsi le vœu d’acculturation à rebours que formait voilà un siècle Victor Segalen au contact des musiques maories : "La participation dans son intégralité, du spectateur de la fête à la fête elle-même".
D’ailleurs, chez chacun de nous l’instrument évoque un coin de ciel bleu, sous les palmiers d’une île lointaine du Pacifique, là où est né l’ukulélé.
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